Le Carnet d’Information du Logement (CIL) est une obligation légale.
Sur le papier, l’intention est claire : plus de transparence, plus de traçabilité, moins de litiges.
Dans la réalité ?
👉 Le CIL est encore très peu appliqué.
👉 Et quand il l’est, c’est souvent mal, tard, ou de façon incomplète.
Pas parce que les professionnels ou les propriétaires refusent la loi.
Mais parce qu’il manque l’outil opérationnel.
Une obligation claire… mais un vide total sur le “comment”
Aujourd’hui, le CIL repose sur un principe simple :
conserver les informations et documents liés au logement
les transmettre à l’acheteur
assurer une continuité de l’information dans le temps
Mais concrètement :
aucun format standard
aucun outil national
aucune méthode partagée entre acteurs
Résultat :
👉 chacun interprète le CIL à sa manière
👉 chacun bricole sa solution
👉 personne n’est vraiment sécurisé
Ce qui bloque réellement sur le terrain
1. Tout repose sur le propriétaire
On demande au propriétaire de :
retrouver les documents
les comprendre
les classer
les transmettre
Sans outil, sans accompagnement, sans automatisation.
👉 C’est irréaliste.
2. Des dossiers de vente encore incomplets
Notaires, agences, diagnostiqueurs le constatent tous :
documents manquants
incohérences
diagnostics refaits faute d’historique
allers-retours chronophages
Le CIL, censé fluidifier, devient parfois une contrainte supplémentaire.
3. Une responsabilité diffuse pour les professionnels
En cas de problème :
qui a demandé quoi ?
qui a vérifié quoi ?
qui avait l’information ?
Sans traçabilité claire, la responsabilité devient floue.
Et donc risquée.
Le vrai problème : on parle de documents, pas de logement
Aujourd’hui, l’immobilier fonctionne encore en mode PDF :
un dossier par vente
une logique ponctuelle
aucune continuité après la signature
Or le CIL change la nature du sujet :
👉 on ne documente plus une vente
👉 on documente un logement dans le temps
Et ça, aucun outil classique ne sait le faire.
Ce qu’il manque réellement pour que le CIL fonctionne
Pour que le Carnet d’Information du Logement devienne opérationnel, il faut :
une base unique par logement
un historique structuré et horodaté
des documents classés automatiquement
une gestion des accès sécurisée
une continuité même quand le propriétaire change
un outil utilisable par tous les acteurs
Sans ça, le CIL restera :
mal compris
mal appliqué
perçu comme une contrainte
Changer de paradigme : du dossier à la donnée logement
Le vrai virage est là.
On passe :
du document isolé → à la donnée vérifiable
du dossier de vente → au jumeau numérique du logement
de la contrainte réglementaire → à l’outil de sécurisation
Le CIL n’est pas un document de plus.
C’est le socle d’un immobilier plus fiable, plus transparent, plus professionnel.
Ce qui va se passer à court et moyen terme
Soyons lucides.
Les notaires vont exiger des dossiers plus propres
Les agences vont chercher à se différencier par la transparence
Les acheteurs vont comparer les logements sur leur niveau d’information
Les responsabilités vont se durcir
👉 Le CIL va devenir un standard de fait, avec ou sans outil officiel.
La question n’est plus si.
La question est avec quel outil.
Conclusion
Le Carnet d’Information du Logement n’est pas le problème.
L’absence d’infrastructure, oui.
Sans outil transverse :
la loi reste théorique
les professionnels restent exposés
les propriétaires restent perdus
👉 Le Carnet Logement ne rajoute pas une couche administrative.
👉 Il met enfin de l’ordre là où il n’y avait que du bricolage.
Et c’est exactement ce que le marché attend.